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Les Moulins de Presles

CONSTRUCTION D’UN MOULIN BANAL 1

 

LE MOULIN BANAL



Ce sera donc quand il y aura un seigneur à Presles que la communauté verra s’édifier sur la rivière La Biesme, un premier moulin banal.

Tous les habitants, bourgeois et manants, pourront en user en respectant le règlement établi par le seigneur propriétaire et la Cour de Justice en fonction.

La construction d’un moulin à eau est de deux espèces.

1°) le moulin avec une roue à auges : l’eau vient du dessus remplir successivement d’eau chaque bac (auge) et son poids met en mouvement la roue qui fait tourner les meules ;

2°) le moulin avec une roue à aubes : l’eau passe en-dessous et frappe les palettes pour mettre l’appareil en mouvement.

Évidemment, le courant d’eau de La Biesme faisait tourner la roue selon sa force.

(Ci-après les articles de la charte concernant le règlement du moulin banal, dont nous don­nons les extraits suivis de nos commentaires.)



Les chartes de Presles les plus anciennes, celles des XIIIe – XIVe siècles, stipulent les droits et les usages du moulin banal qui appartenait au seigneur.

La charte fut renouvelée sur la fin du XVIe siècle, dont nous extrayons les articles relatifs au moulin banal.

« S’ENSUYENT les chartes, privilèges, comoignes et aisemances que les bourgois, massuyrs, manants et habitants de la terre et Seignorie de Prelle, Rohillies et Everscoy ont et que les Eschevins de la Court dudit Prelle, sauvent et gardent renouvellez en l’an quinse cent nonante ung le troixième jour du moix de jullet en prescence de ladite Court du greit et consentement de Noble et honoré Seigneur Adrien de Haverech, seigneur usufructuaire des dits lieux, Grand et Souverain bailleu du Pays de Liege entre Sambre et Meuse, etc., et de Noble et genereux seigneur Jehan de Haverech, son fils aisnez et heritier proprietaire, seigneur de Malmaison, Prévôt le Comte à Valanciennes, etc. »

« ENSEMBLE du greit et consentement de tous lesdits bourgois, manans, massuyrs et mannans pour ce speciallement adjourneis, ad gregnis assemblez au jour et ans ci-dessus déclarez. Le Tout ainsy et comme cj après se trouverat. »

Le 3 juillet 1591, la communauté presloise, composée de bourgeois, de mossuyrs, de manans 2, était convoquée à une assemblée pour entendre et discuter des droits et des usages qui se pratiquaient sur diverses choses et, en l’occurrence ici, sur ceux du moulin banal.

À cette assemblée étaient présents le seigneur de Presles, Adrien de Haverech, grand bailli d’Entre-Sambre-et-Meuse, pour le Prince et Évêque de Liège, son fils aîné Jehan de Haverech, Prévôt du Comte à Valenciennes, pour le Comte de Hainaut 3.

Sont présents, les hommes de la Cour de Justice de Presles.



SITUATION

« PREMIER. At ledit seigneur de Prelle, ung molin, huyssine et escossière, agissant et sictuez en lieu dit les massils. »

À cette époque, on ne doit pas voir le moulin banal dans les bâtiments dits au moulin, que nous connaissons dans le parc, quoi que cette partie du territoire est appelée les massils.

Les transformations successives du parc, que firent d’abord les seigneurs de Lierneux, ensuite les comtes d’ Oultremont, modifièrent l’aspect de cet endroit. Bien des choses existant il y a plus d’un siècle ont disparu.

Nous situons l’ancien moulin banal non loin de la vieille place communale, planté sur le côté gauche de l’ancien chemin qui conduisait à l’église et au château, tout de suite après le pont de l’étang du château actuel.

Bâti sur la rive droite du ruisseau (La Biesme), l’eau nécessaire pour faire tourner la roue à aubes ou à auges qui actionnait les meules, était amenée par un canal dit « le bief du moulin ». Ce canal s’embranchait non loin d’un des deux ponts (disparus, vers 1800), contournait les bâtiments, au-delà de ces derniers, se continuait dans les prés avant de rejoindre la Biesme.

Un système de vannes, « les ventailles du moulin » établi à l’entrée et à la sortie de l’eau, régulait le niveau, afin de permettre au moulin de travailler.

Une passerelle de bois, jetée sur le bief, donnait accès au moulin qui se trouvait ainsi sur une île.



DROITS ET OBLIGATIONS DU SEIGNEUR, DU MEUNIER ET DES USAGERS

La réglementation était sévère, les infractions punies par la Justice. Le moulin était considéré comme un outil nécessaire à la communauté.

« Aquel molin chacun bourgois et mannans demorant ausdits Prelle, Rohillie et Everscois est tenus et subietz de venir moulre par ban sur l’amende de septz solz montant vingte ung pattars monnoie commune. »

Il était donc prévu que tous les habitants du village et des dépendances devaient venir moudre leurs grains au moulin banal.

La coutume locale permettait aux prêtres, clercs, chevaliers et leurs enfants, de déroger à la règle, sans encourir l’amende de sept sols.

« Et ne peult nuls diceulx bourgois ny manans aller ny envoyer moulre hord dudit moulin sij ce n’estoit que ledit molin fuist a sejour pour ouvrage que on y faisoit ou aultrement. »

Ceux qui étaient pris à faire moudre ailleurs, étaient passibles d’une amende mais, si le mou­lin était en chômage, soit pour cause de réparations, soit par cas de force majeure, occupation mili­taire, inondation ou, au contraire, manque d’eau, les habitants avaient alors le droit d’aller faire moudre au moulin de leur choix.

« Et sy aucun faisoit ou consentoit de faire moulre aultrement que dict est le moulnire serimenter de ladite huijssine ou les officiers du seigneur povroyent resuijre la farine par toute ladicte terre et le pain jusque au fourre et auroit ledict bourgois ou manans forfaict l’amende que dessus. »

Si un habitant était convaincu d’avoir, en temps normal, fait moudre à un autre moulin, le meu­nier et les sergents pouvaient rechercher la farine partout dans la seigneurie.

Le pain cuit, ou à cuire, qui provenait du délit dûment établi, était d’office acquis au profit du seigneur.

La fraude n’était pas tolérée, et les amendes généralement attribuées totalement aux sergents banaux des moulins excitaient ces derniers à rechercher, par tous les moyens, les fraudeurs et les produits fraudés.4

« Et si aulcuns cachoit grains pour mener moulre dehors et fuist trouver en la dicte terre fuist par le moulnire ou par les officiers dudict seigneur portant ou raportant grains ou farines mesme à chevalz sij aulcun en y avoit seroit à la volonté du seigneur et auroit ledict bourgois ou manans fourfaict l’amende telle que dessus. »

La fraude étant un délit reconnu, le moyen de transport qui avait servi pouvait, par droit seigneu­rial, être saisi. La bête de somme, âne, bœuf ou cheval, pris sur le fait, restait à la volonté du seigneur qui, seul, était tenu de statuer sur son sort, pouvant le garder ou le restituer. De plus, une amende était appliquée au délinquant.

« Entendu que chalcun moulnier qui prendt accense ou mannie ledict molin doibt à son entrée faire serment en le justice de bien et nettement waurder et entretenir iceluij molin et de moulre et tenir chascun a son ordre. »

Le meunier locataire, appelé censeur ou censier, puis fermier, qui prenait par contrat un mou­lin domanial, devenait un fonctionnaire assermenté. Par son bail, il s’obligeait à payer chaque année un fermage (rendage) déterminé.

Au Moyen-âge et au cours des XIVe et XVe siècles, la location était évaluée et acquittée en nature ; peu après, elle le fut en argent.

Par leur bail, les censiers des fermes seigneuriales payaient aussi en nature (grains) et en argent (florins), payant même les rentes, voire les dettes du seigneur-propriétaire. Cet usage était une chose courante chez les seigneurs de Presles, jusqu’au XVIIe-XVIIIe siècle5. Le meunier s’engageait à moudre pour tous les habitants du ban, les étrangers après, et cha­cun à son tour sans partialité.

« Et doibt prendre moulture au seizième dou molin par dessolz alle penne du van sij hault que sur l’amende. Et sij ledict moulnire ou aultre que par luij prendoient moulture hault sur le molin et fuiste raportez par le sergant ou par aulcuns bourgois ou manans ycelluij dict moulnire et celluij a cuy le grain seroit sij estoit present et le souffrist seroit chascun a une amende telle que dessus. »

Le mot « moulture » désignait ce qui revenait au meunier à raison de son salaire.

Cette mouture ou « seizième » restera le plus en usage jusqu’à la fin de l’ancien régime. Elle paraît tirer son origine du fait que le 16e de la rasière était bien déterminé et représenté par la pinte.

Toutes les mesures dont se servait le meunier devaient être constamment à vue dans le mou­lin et les maîtres de la justice avaient le droit d’en faire une vérification au moins une fois par an.

Toute tromperie sur les mesures était aussi condamnable, tant pour celui qui les utilisait que pour celui qui les acceptait, en sachant bien qu’il était lésé sur le poids de sa marchandise.

« Et ne peult ledict moulnire tenir audict molin vacches, beufs, troyes, pourceaux, gellines ne nulles aultres bestes quelconques .»

Cette mesure semble avoir été prise dans le but de tenir le moulin dans l’état de propreté.

Le cheval ne doit pas avoir été compris dans ces « aultres bestes quelconques », car nous observons le droit du :

« Pas du cheval »

Il consistait, pour le meunier, à aller chercher les mounées (meunées) chez les habitants du village et d’en rapporter la farine sans qu’il en coûte plus que le salaire habituel.

Lorsque la prospection s’étendit à des localités voisines, le meunier, souvent assisté de domes­tiques ou valets, allait à la recherche de grains avec une charrette tirée par un cheval et reçu­rent de la population le sobriquet de cache-mounée6, toujours appliquée à la fin du XIXe siècle.

Si bien qu’avant la guerre de 1914, un habitant surnommé « le Deùr » - Jules Lambot – était tchesse-mounéiye au moulin du château, que dirigeait en ce temps-là, Camille Devigne.

En ce cas, l’usager payait une deuxième mouture.

« Et quant le bijes de desseur le molin at affaire d estre nettoijer et fourbis ledict moulnier doibt tour­ner ijus le aiwe alle batte et les boirgois et manans le doijent nettoyer et fourbire toutte fois que bes­soigne et necessitez ».

C’est une corvée imposée aux habitants qui usaient du moulin banal et qui devaient l’exécuter à certaines époques de l’année, surtout lors de la chute des feuilles des arbres lesquelles, entraînées par les eaux, seraient venues entraver la rotation de la roue, ou quand la végétation sauvage prenait trop d’ampleur.

La spécification du bief supérieur du moulin démontre bien que c’est la partie essentielle à la bonne marche de l’établissement qui devait être nettoyée.

Le fond du bief était curé de toutes les vases et les ordures. Les parois de la tranchée étaient débarrassées de la végétation folle qui y croissait.

Pour réaliser ce travail, le meunier devait mettre le bief à sec en fermant l’arrivée de l’eau qui continuait sa course naturelle.

La batte (porte) s’ouvrait ou se fermait selon qu’on voulait remplir ou vider le bief.

« Et ne peult ledict moulnire refuser de moulre ledict bourgois ou manans touttefois que on ij vient se dont n est quijl eust trop a moulre audicts manans et au cas que ledict moulnire seroit sij occupez et impeischiez que on ne polrat moulre et quil convenist pour ce illecque sejourner lesdicts bourgois et manans polroit au tiers jour reprendre ladicte moulée et aller moulre au mieux luij plairoit sans rien fourfaire. »

Si le meunier ne pouvait servir ses clients dans un délai de trois jours, ceux-ci pouvaient libre­ment s’adresser à un autre moulin.

« Et peult la Justice lever le molin touttefois quelle en est requise par aulcuns bourgois ou manans et ycelluij visener et se faulte ij estoit trouvées le moulnire seroit a l’amende audict et enseignement des eschevins. »

Les malversations et les agissements de certains meuniers pouvaient, sur la plainte des habi­tants, conduire la Justice à faire une enquête et même à faire fermer l’établissement.

Si les griefs étaient confirmés, le meunier pouvait être traduit devant la Haute Cour de Jus­tice, qui avait le droit de le juger et de le condamner.



LA BANALITÉ

C’était un privilège qui n’était pas exclusivement attaché au moulin banal. Elle s’appliquait au four, à la brasserie établis dans la seigneurie et dont les habitants devaient user sous peine d’amende.

En prenant à bail l’établissement, en l’occurrence ici le moulin banal, le meunier était tenu de veiller à ce que personne ne viole les franchises du moulin.

À son entrée, il devait prêter serment entre les mains de la Justice.

À noter que tous les serviteurs de la Communauté, tels que les sergents, le herdier, le vacher, le porcher, le fosseur, etc. ont toujours été tenus de prêter serment avant leur entrée en fonctions.



1740 – SERMENT DU MAÎTRE DU MOULIN DE PRESLES

« Comparut à la Haulte Courte de Presle, Pierre Tilmant, actuellement engagé en qualité de maître de moulin, dudit Prelle, à la réquisition de l’officier-mayeur dudit lieu, et présenté pour pretter serment de fidélité à la banalité de la mairie, terre et dudit lieu de Prelle et aultres, à quel effect après lui avoir donné explications de toutes les obligations les at acceptées et promis de les effectuer, le tout sou serment là même pretté en noz mains et mis en garde .» 7



L’ŒIL DU MOULIN

C’était un impôt que Jean de Hornes, prince et évêque de Liège, avait établi en 1482, dans la Principauté.

Un receveur était chargé de collecter une taille équivalente à cet impôt. Certaines communes payaient une somme annuelle. Ailleurs, on payait 15 liards par setier de froment ou méteil et 10 liards par setier de seigle.

Le revenu de cette imposition était donné au Souverain Prince et Évêque de Liège, pour payer ses dépenses et des travaux extraordinaires.



UN DOCUMENT MANUSCRIT DE L’AN 1630

Dans les archives communales conservées dans le grenier de l’ancienne Chambre commu­nale, située à la rue du Pont, la chance nous a permis de trouver un manuscrit de l’an 1630, concer­nant le moulin banal.

Le greffier en fonction, nommé Vincent de Bavay, notaire admis, a, sur le papier, résumé en huit points les droits et les usages de ceux qui usent du moulin banal.

Du manuscrit, jauni, moisi, rongé en partie par les souris, nous avons pu, néanmoins, savoir la teneur, très intéressante au XVIIe siècle.

S’ensuivent donc les huit articles.

1° - Le meunier devait à son entrée au moulin prêter le serment de fidélité devant la Cour de Justice et le seigneur de Presles qui était propriétaire du moulin banal. Il est tenu de servir loyalement tous ses clients.

2° - Le meunier devait aller chercher les grains et reconduire la farine au domicile des gens.

3° - Le moulin devait être en état de moudre tous les grains d’épeautre, de blé, de froment, de sarra­sin, de colza, de tous les habitants, sans distinction.

4° - Si pour une raison quelconque, soit par sécheresse, inondation, réparations, occupation des ar­mées belligérantes, le meunier ne pouvait, dans le délai de trois jours, servir les habitants, ceux-ci pouvaient aller moudre leurs grains chez un autre meunier.

5° - Tous les habitants, bourgeois, manants, étaient tenus de faire moudre au moulin banal. Les che­valiers, les desservants de l’église et certains fonctionnaires, le greffier, le mayeur et les échevins, ont le privilège d’aller faire moudre leurs grains à un autre moulin que celui du lieu.

6° - Tous ceux qui, sans autorisation du meunier, iront faire moudre à un moulin étranger, seront pas­sibles d’une amende déterminée par la coutume locale.

7° - Pour son salaire, le meunier pourra prélever 1/16e du grain à moudre ou de la farine.

8° - Les mesures, pinte, setier, muid, seront contrôlées au moins une fois par an par les hommes de la Cour de Justice, et toutes les fois qu’il paraîtra d’en faire la visite, ou sur une plainte d’un ou de plusieurs usagers.

C’était daté, 17 octobre 1630, et signé, Vincent de Bavay, greffier, notaire admis, 1630.

Tout ceci paraît bien clair, le greffier a repris les articles de la charte primitive donnée au XIIIe siècle et renouvelée, comme nous l’avons dit, en l’an 1591.

Ce fonctionnaire n’y ajoute que peu de choses, nous faisant savoir seulement qu’il y a du nouveau dans l’agriculture. En effet, depuis quelques cent ans avant, l’espèce de céréale la plus répan­due était l’épeautre, le spelte, qui, dans les paiements des rentes, les transactions finan­cières de tous genres, était prise en considération comme une monnaie de paiement en nature. Or, au début du XVIIe siècle, nous constatons que les agriculteurs récoltent du blé, du froment, du sarrasin, du colza, etc.… Il y a donc des nouveautés dans les espèces de céréales.

Le greffier nous fait connaître les mesures employées au moulin, dont la pinte, le setier, le muid, mesures de capacité qui n’avaient jamais été dénommées dans les chartes8.



LE MOULIN À ÉCORCES

Toutes les chartes relatives aux droits et aux usages du moulin banal sont aussi valables pour « l’escorcière ».

Cette qualification du XIIIe siècle, indique que le seigneur possédait un moulin à écorces. Dans notre patois, nous disons « molin à scwaces », ce qui signifiait que dans cet établissement, se pratiquait le broyage des écorces.

De quelles écorces s’agit-il ?

Pendant tout le temps que dura le régime seigneurial, le territoire était couvert par des bois seigneuriaux et communaux peuplés de chênes et de hêtres, essences forestières de bon rapport qui, à cette époque, croissaient en abondance.

Nous avons des preuves suffisantes 9 pour dire que des milliers de chênes croissant dans les bois de Presles, de Châtelet et des communes environnantes, étaient vendus aux enchères.

En ce temps-là, une grande activité régnait dans les bois, car l’exploitation forestière était diri­gée dans tous les sens, pour ne rien perdre des revenus de la forêt.

De nombreux travailleurs, tant masculins que féminins, œuvraient dans leur spécialité.

Outre l’abattage des arbres, le façonnage des bois, il y avait des hommes et des femmes qui procédaient à l’écorçage des arbres de haute futaie, ainsi que des perches provenant de la coupe du taillis.

À remarquer que les jeunes écorces étaient beaucoup plus appréciées et de plus grande valeur que les grosses écorces des chênes, etc.

Toutes les espèces d’écorces étaient achetées par les maîtres tanneurs qui s’en servaient dans leur établissement pour le tannage des peaux et faire du cuir.

Outre ces revenus de la forêt, il y avait encore celui des fruits.

Dans les bois seigneuriaux et communaux on pratiquait le ramassage des fruits des chênes et des hêtres.

Les premiers, les glands, pouvaient être donnés comme nourriture aux porcs, les seconds, les faines, étaient comestibles et mangés par l’homme.

Lors de l’élaboration des chartes, il a toujours été stipulé que :

« les bourgeois et les manants de Presles n’ont aucun droit aux fruits dans les bois seigneuriaux ».

Dans les bois communaux, les habitants pouvaient jouir de la glandée en observant certaines conditions.

Il arriva que, pour avoir de l’argent, les autorités communales mettaient en vente aux enchères la glandée. Certains cultivateurs de Presles achetèrent la glandée des bois de Châtelet, n’en trouvant pas assez dans les bois communaux du village 10.

Dans ses bois, le seigneur de Presles faisait ramasser les glands et les faines, les faisant broyer dans son stordoir  pour en obtenir de l’huile.

À cet établissement était attaché un préposé, appelé populairement « le stordeur », qui s’occupait de faire tourner le moulin pour extraire l’huile des graines oléagineuses, du genre colza, etc.

Les écorces des chênes, etc., étaient broyées, réduites en poudre, « le tan », pour être employées au tannage des peaux.

 

Il est plus que probable, certain même, que Herman de Lierneux, seigneur de Presles qui, en 1626, avait fait défricher un terrain pour en faire un vignoble, faisait « tordre » - presser – les rai­sins de ses vignes pour en extraire le jus et en faire du vin.

À cette époque, la vigne était cultivée sur les coteaux bien exposés des vallées de la Sambre et de la Meuse. Le vin provenant des vignobles était, dit-on, réputé de bonne qualité.

Dès le XIIIe siècle, nous relevons que des habitants de Presles sont dénommés « le stor­deur ». Ils participent comme représentants fonctionnaires, acteurs ou témoins, cités dans les œuvres de loi.

 

Les scribes de ce temps-là écrivaient le nom de famille en deux mots, lorsqu’il s’agissait d’une profession. C’est ainsi que nous en trouverons une quantité, dont : « le stordeur », « le mas­son », « le charlier », « le marissal », en sont des exemples.

Au début du XVIIe siècle, l’article « le » ne sera plus pris en considération, le nom de famille sera requis et inscrit à l’état-civil, sous la forme encore valable de nos jours : Stordeur, Masson, Maré­chal, etc…, ayant encore des descendants œuvrant au village.

Selon le plan cadastral, année 1812, le moulin se situait dans le quartier dit « Le Chef-lieu », plus spécialement dans l’endroit appelé « Entre-les-Eaux ».

À cette époque, cette dénomination aurait remplacé le lieu-dit « les massils » où le moulin banal se situait.

Il n’y a rien d’étonnant à cela, car beaucoup de choses ont subi les conséquences et les innova­tions des temps.

D’ailleurs, cet établissement est parvenu à Théodore-Xavier de Lierneux, baron de Presles, ci-devant seigneur du village - ayant épousé Isabelle, comtesse d’Oultremont de Wégimont.

Jusqu’à son décès, vers 1820, le baron de Presles resta propriétaire du moulin avec une mai­son faisant 17 perches 20 (mesure moderne – 17 ares 20).

Cette surface se situait dans l’environnement de deux ponts (disparus) jetés sur la Biesme .

Près d’un de ces ponts, un canal amenait l’eau de la Biesme, pour faire tourner la roue.

Un système de vannes ou de piles, dites au XVIe siècle, « les ventailles du moulin » était établi à l’entrée et à la sortie réglant le niveau d’eau, afin de permettre au moulin de fonctionner.

Une passerelle de bois jetée sur le bief donnait accès au moulin banal.

Après avoir fait tourner la roue, l’eau se déversait dans un canal qui traversait le pré avant de rejoindre la Biesme, en aval.



LE MOULIN DU PARC DE PRESLES

Nous avons parlé à suffisance du moulin banal. Il serait superflu d’y revenir encore, sinon pour dire qu’ayant appartenu au ci-devant seigneur de Presles, tout l’héritage des Lierneux passa par la maison d’ Oultremont de Wégimont.

En effet, lors de son mariage, la fille héritière de Théodore de Lierneux, nommée Marie-Françoise-Charlotte, baronne de Lierneux de Presles, apporta dans sa corbeille de noces tout le domaine de Presles, avec ses dépendances, à son cousin germain, le comte Émile-Charles d’Oultremont de Wégimont.

Ce sera leur fils, le comte Charles d’Oultremont et son épouse, la comtesse Eugénie de Bryas, qui en seront les grands bénéficiaires.

Le comte Charles aimait le beau, nous lui devons la construction du magnifique château de Presles et l’aménagement du parc.

Comme toute médaille a son avers et son revers, les grands travaux entrepris par le châtelain rayèrent de la carte le chef-lieu de nos ancêtres, et presque tout ce qui environnait l’église Saint Remy, après 1851. Le moulin banal n’échappa pas à la rénovation de l’endroit.

Néanmoins, le comte Charles fera aménager un nouveau moulin à eau.

Ce sont les bâtiments qui se situent sur le côté droit, au bout du chemin, qui se développe parallèlement à l’étang du château. De nos jours, cet ancien établissement est encore appelé « au moulin », quoique désaffecté après 1914.

Ce complexe se composait du bâtiment principal, dans lequel les meules en pierre actionnées par la roue à aubes, réduisaient les grains en farine.

Le meunier avait son logis et un grand jardin. En annexe, il y avait un gerbier.

La prise d’eau à la Biesme se faisant en amont, l’eau était amenée sur la roue à aubes par un canal d’alimentation. Il se prolongeait au-delà du moulin, pour remettre l’eau à la rivière. Un barrage de poutrelles et de pales régulait le niveau.

Ayant cessé leurs activités, les bâtiments seront remaniés pour en faire une scierie à bois. La roue à aubes sera retenue pour faire fonctionner une turbine, qui fournira de l’électricité à la scierie et pour l’éclairage du château.

Au siècle dernier, était meunier, Pierre Henin, né à Châtelet en 1790 et son épouse Marie-Thérèse Piton, née à Gerpinnes en 1788. Il était fils de Pierre Henin, né à Châtelet en 1753, tenan­cier du moulin banal de Presles.

Cette famille Henin chassait de race, car les frères de Pierre, nommés Paul et Hubert, tenaient le moulin de Bouffioulx en 1775, et au XIXe siècle, François, petit-fils de Pierre, était meunier au Beau-Moulin à Châtelet.

Après les Henin, nous trouvons au moulin de Presles Pierre Deveux.



À la fermeture du moulin, arrivée, comme nous l’avons dit, peu avant les hostilités de 1914-1918, le tenancier-meunier locataire était Camille dou Moulin, Camille Devigne, marié à Tantine dou Soyeù, Constantine Gochet.



QUELQUES VALEURS DES GRAINS ET DES FARINES

En 1768, le meunier de Presles vendait 42 setiers de farine de swale (seigle) et 30 setiers de farine de spelte (épeautre) pour 230 florins.

Cent ans plus tard, le 3 mai 1873, Deveux, meunier à Presles, livrait, selon sa facture à Ursmer Bourlet, menuisier à Presles :

  • 1 sac (100 Kg) de farine de froment pour 45 francs

  • 25 Kg idem pour 11 F ; 25 Kg idem pour 11 F 75

  • un demi sac (50 Kg) de farine de vesce pour 10 F 50

  • 50 Kg de farine de froment pour 26 F 50

  • un demi sac de rabulet (farine grossièrement blutée) pour 3 F 75

  • 25 Kg de farine de froment pour 13 F 35

  • un sac idem pour 35 F ; un autre sac idem pour 55 F

  • 10 Kg de vesces pour 3 F 52

  • Les diverses valeurs pour la même céréale, moulue, peuvent être dues au degré de blutage.



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Au cours de la guerre 1914-1918, les farines furent rares et chères. Au début de 1915, on trouvait de la farine de froment à 39 F le sac (100 Kg), mais la hausse s’accentua si vite que, à la fin de l’année, 100 Kg de farine livrée aux boulangers, valait 43 F 35.

En 1916, le prix monta à 45 F et plus. La farine de seigle faisait 34 F 10 le sac.

En 1919, la farine de froment blutée à 75 % coûta 151 F 20, blutée à 80 %, elle valut 132 F 60 et la farine brute 119 F 80 le sac.

Conséquence de la guerre, les gens mangèrent du son. Il coûtait en 1915-1916, 22 F le sac de 100 Kg de son de froment, celui de seigle : 34 F 15, celui de méteil (mélange de seigle et de fro­ment) : 65 F, marchandises prises au moulin de Sart - Eustache, le moulin de Presles ayant cessé ses activités.



À TRAVERS LES TEMPS

La farine est un produit de consommation nécessaire pour faire du pain.

Jadis, les moulins à eau des villages ne connaissaient pas le chômage. De la farine, il en fallait pour les boulangers, mais nombreux étaient les particuliers qui allaient au moulin faire moudre leurs grains et qui, revenus chez eux avec la farine, cuisaient leur pain.

Pour satisfaire notre curiosité, savoir ce que coûtait un pain de bonne farine, nous avons eu la patience de faire des sondages dans les archives des temps révolus 11.

Nous avons pu constater que le prix du pain a toujours été en hausse jusqu’à nos jours.

Nous relevons qu’en 1576, un pain d’une livre se vendait à un patur. (patard ?)

En 1618, on paye pour 12 livres de pain de bonne farine de froment 8 paturs du Roy ; en 1712, un pain de trois livres coûte 8 paturs du Roy. En 1740, année reconnue très néfaste à l’agriculture, la livre de pain est à 9 sols ou sous.

En 1856, on peut acheter 1 Kg de pain pour 1 F 06 ; en 1889, il se vend à 55 centimes.

Avant 1914, un pain de 2 Kg coûte 35 centimes ; en 1915-1916, le pain d’un kilo se vend au prix officiel de 40-50-55 centimes le kilo, mais il est rationné et la marchandise est rare.

Au marché noir, un pain blanc se paye plus ou moins 20 francs.

Le ravitaillement octroyait une quantité de farine en rapport avec la composition du ménage. Les rations étaient distribuées chez Théophile Masson, au Bordinois.

À cette époque, beaucoup de villageois cuisaient encore leur pain chez eux, c’était le cas de ma grand-mère et de nombreux apparentés et amis.

La levure de brasserie coûtait 20 centimes le kilo mais la levure sèche valait 1 F 20 la brique d’un kilo.

En 1978, le pain de ménage coûte 34 F 50, remis à domicile par le boulanger ; en 1986, il coûte 46 F, le pain étant coupé et emballé.

En l’espace de septante ans (1916-1986), nous constatons que la valeur actuelle d’un pain de 800 grammes a augmenté de plus de cent fois par rapport à la valeur d’un pain de deux kilos, payée avant 1914 (hausse du pain ou baisse de la monnaie ?).

Les moulins industriels produisent dans leurs installations mécanisées des farines à toute vitesse, détruisant les enzymes, substances organiques qui sont nécessaires à notre santé.

Les autorités gouvernementales préconisent la fabrication du pain intégral (pain gris) conte­nant du son, fibre végétale qui, avec celles des légumes, sont recommandées par les médecins.



ACCISE SUR LA MOUTURE

Le 28 février 1823, le conseil communal tint une séance pour savoir quel moyen il fallait adop­ter pour la perception de l’impôt (accise) sur la mouture.

La séance fut assez orageuse, certains conseillers étaient pour, tandis que la majorité était contre.

Enfin, voici ce qu’il fut décidé :

« Les revenus de la commune étant insuffisants pour couvrir les dépenses, et le meunier se refusant à contracter un abonnement quelconque avec l’administration communale pour percevoir la contribu­tion 12, le Conseil décide qu’il serait fait sans délai une répartition entre les familles et les consomma­teurs habitant dans cette commune ».

(s) Mayeur – Duvieusart – Jean Gille, Rosier Jérôme – Martin – Baudelet – Wauthiez – Vincent – Deleloup.

Le 2 mars 1825, il y a des poursuites contre les redevables qui n’ont pas acquitté l’accise sur la mouture… et les chiens.

Le 31 décembre 1826, le conseil refuse de certifier les états de l’accise des moutures des exercices 1824-1825, les redevables étant solvables.

Le 21 mars 1829, le conseil discute et porte à la connaissance des autorités supérieures le solde des 9 % de l’accise mouture des années 1826-1827 et 1828. Le solde puisqu’il y a, se montait à quelque deux cents francs.

Tout ce qui a été dit et fait ci-avant ne nous apprend pas grand-chose, sinon que les Preslois qui font moudre leurs grains au moulin de Presles doivent payer un impôt « accise sur la mouture » en plus de ce que le meunier prend pour son salaire.

Le meunier avait refusé de percevoir l’accise sur ce que ses clients venaient faire moudre à son moulin. Il est à supposer que le meunier a tenu ce raisonnement : « je ne suis pas percepteur d’impôts et je dois vivre en bons termes avec toute ma clientèle, ne la mécontentons pas ».

Tout cela est théorie, sachant seulement qu’une taxe doit être perçue directement ou indirecte­ment sur la mouture.

Mais en réalité, que se passait-il à cette époque, lorsqu’on allait faire moudre son grain au moulin ?

La perception de l’ « accise » était équivalente à celle d’une taxe, d’un impôt, et plus anciennement, à une taille au profit de la commune, de la province ou de l’État. L’accise frappait certains articles de grande consommation et rien n’est changé de nos jours.

L’accise sur la mouture frappait tous les Preslois, car le raisonnement est simple. Du pain, il en fallait aux habitants tous les jours. Pour avoir du pain, il faut de la farine et pour avoir cette mar­chandise, il était nécessaire de faire moudre des grains.

Comme la quantité des diverses espèces de grains devait être importante, l’accise sur la mou­ture devait rapporter une somme rondelette, la taxe perçue à Presles étant de trente centimes par kilo de grain.

Le meunier ayant refusé de percevoir la taxe, il y aura des Preslois qui se faisaient tirer l’oreille, ne payant même pas l’accise sur la mouture ou faisant de fausses déclarations, ce qui engen­dra des poursuites et des procès.

Sous le régime hollandais, l’accise sur la mouture frappera tous les ménages.

Nous retenons ce qui suit :

« Tous les chefs de famille, la veuve et l’orphelin ayant charge de famille, payera tous les ans trois francs ».

C’était déjà à cette époque, un impôt indirect, comme ceux que nous connaissons de nos jours.

Cet impôt sur la mouture mécontentera tout le monde, tous usant du moulin pour avoir de la farine pour faire son pain.

Certains disent que cette taxation sur la mouture fut une des causes, avec l’imposition de reconnaître le néerlandais comme langue nationale, qui conduisit la population wallonne à se révolter.

D’où la révolution de 1830, qui chassa les Hollandais de notre pays et nous assura notre Indépendance Nationale.



LE MOULIN À PAPIERS



C’est au temps d’Amour-Gabriel de Lierneux, seigneur de Presles-Roselies, etc, que Saumery et Remacle Le Loup vinrent au château.

La relation dans « Les délices du Païs de Liege et de la Comté de Namur » nous fait connaître l’ancienne munificence de cette noble maison.

Lors de sa visite, en cette moitié du XVIIIe siècle, Saumery a vu, et il le dit, des établisse­ments industriels en activité :

« Les murs du côté de l’orient sont presque baignés par le gros ruisseau dont j’ai parlé (il s’agit de la Biesme) qui, après avoir fourni ses eaux à des moulins, des forges et des papeteries, coule pour l’utilité et l’agrément de cette terre ».

Nos recherches ne nous ont pas permis de connaître l’origine exacte du moulin à papiers de notre village.

Cependant, nous savons qu’en 1695, Philippe Tilmant est maître-papetier au village de Presles, étant locataire d’un moulin à papiers appartenant au seigneur de Lierneux.

Dans son établissement, le maître-papetier de ce temps-là, fabriquait du papier blanc, gris et bleu, du papier blanc à écrire et à imprimer 13 et du papier « à paquets » d’emballage.

Les produits de ce moulin étaient vendus dans la Principauté de Liège et à l’étranger.

L’exportation était soumise à un règlement et le maître-papetier devait avoir reçu une autorisa­tion pour exercer son métier et une patente pour exporter ses papiers hors des frontières.

Il faut savoir que la limite territoriale de Presles faisait la ligne de démarcation de la Princi­pauté de Liège avec le comté de Namur et le Duché de Brabant.

Cette ligne de démarcation, dite douanière, a maintes fois été un objet de contestations entre les trois États. Au XVIIe siècle, les préposés ou receveurs des barrières ne s’y retrouvaient plus, tel­lement les limites étaient confondues les unes avec les autres. Il s’ensuivit des procès pour les droits de passage, de transit, de pâturage, d’entre-cours, etc.…, qui étaient onéreux aussi bien pour les seigneurs que pour tous les Preslois 14.

Voici la copie intégrale de la patente délivrée à François Tilmant en 1722, fils du précédent 15 :

« Permission de faire entrer en ces Pays-Bas, les papiers fabriqués dans le moulin de Praisles, de 7 mars 1722 : Les conseillers, Directeur Général et Intendants provisionnels des Domaines et Finances de sa majesté Impériale, ont pour et au nom de Sa Majesté, permit et permette par cette à François Tilmant, maistre fabricateur de papiers au village de Praisles, Pays de Liège entre Sambre-et-Meuse, d’envoyer par provision des papiers de sa fabrique dans les pays de Sa Majesté, en payant les droits d’entrée réglés par le tarif de l’an mille six cent quatre-vingt (1680) à condition que chaque envoy sera accompagné d’un certificat en forme légalle que les papiers qu’il fera entrer sont réellement fabriqués dans son moulin de Praisles, sans mélange d’autres ». (s) Fraula.

Avant, et sous le régime français, le moulin à papiers est parvenu à Théodore-Xavier de Lierneux, baron de Presles.

À cette même époque, la ligne de démarcation susdite est encore maintenue.

Alexandre Fourmois, père de l’artiste-peintre paysagiste, Théodore Fourmois, est douanier, demeurant dans une maison du Chef-lieu, où son fils est né .

À Presles, les représentants de la famille Tilmant ont été nombreux, et nous remarquons qu’à travers les temps, certains ont œuvré dans la meunerie, la papeterie, la taillanderie, l’exploitation agri­cole, la briqueterie, etc, et toujours reconnus comme maîtres, propriétaires ou locataires.

En 1830, selon le dénombrement fait par ménage et composition de la famille, le moulin à papiers se situait au quartier dit « le Fourneau ».

À cette date, était maître papetier, Charles-Hubert Bricoult, né à Seneffe, il est âgé de 41 ans, et son épouse était décédée.

Il a avec lui 11 enfants, dont Adolphe-TH. 18 ans, Jean-Baptiste 17 ans, Charles 13 ans, tous nés à Nivelles, tous papetiers. Thomas-TH. 11 ans, André 9 ans, nés à Bousval – Benoît 7 ans, Norbert 6 ans, nés à Presles – Marie-Thérèse 19 ans, née à Nivelles – Orélie, 4 ans, née à Presles 16.

Cette famille a une servante nommée Victorine Cunche, 18 ans, née à Presles.

Le maître-papetier occupe du personnel masculin et féminin, notamment des gens originaires de Nivelles, qui s’établiront à Châtelet, dans des maisons du lieu-dit Trou Jeanette 17.

L’établissement dirigé par Charles Bricoult assisté de ses fils, occupera une demi-douzaine d’ouvriers, dont nous relevons : Désiré Delcorte, époux de Sidonie Courbissier, née à Oret le 10 octobre 1805 – Nicolas Dujacquier, veuf, né à Virginal (Brabant) le 8 janvier 1783 et son fils Nicolas, né à Ronquières le 1 mars 1818.

Le moulin à papiers qui, après 1830, est qualifié « la papeterie » se situait sur la rive gauche de la Biesme, joignant la voirie jusqu’au pont de la rue de la Rochelle, celle-ci revenant à la Place Communale actuelle, appelée antérieurement « Place du Fourneau » 18.

Maître Charles Bricoult fabriquait très peu de papier blanc, principalement du papier gris vendu à Châtelet-Charleroy (sic), Binche, Mons, etc.… Le transport de la marchandise se faisait avec des charrettes bâchées, que tiraient des chevaux 19.

Comme nous l’avons déjà dit, toutes les possessions de la famille de Lierneux, échurent aux comtes d’Oultremont de Wégimont.

Ce sera donc par héritage que le comte Charles d’Oultremont-Bryas deviendra propriétaire de la papeterie.

Sachons que vers 1860, le plan parcellaire dressé par C. Popp, renseigne une papeterie fai­sant 40 ares, avec une maison de 90 ca., un jardin de 15 ares 10 et un verger de 43 ares 60. Le tout se situe dans la section B, dite « le village ».

Cette surface est limitée par la Biesme, la rue de la Rochelle (partie se situant entre le pont et s’en revenant à la Place Communale), remontant sur le côté gauche du chemin sans dénomination et se continuant toujours sur le côté gauche de la route nationale n° 22, appelée rue de Fosses.

L’ancien moulin à papiers, devenu « papeterie », sera repris et dirigé par les Pouleur ; dont Florent et Ernest (père et fils) étaient propriétaires et membres du conseil communal.

L’établissement sera de nouveau dénommé « la Fabrique » ou « La Cartonnerie », en raison du fait que les Pouleur fabriquaient du carton.

Cette industrie locale occupa, selon nos informations, dix à douze personnes (masculin-fémi­nin).

Avant 1900, le personnel travaillait de jour et de nuit.

La fabrication des cartons, disaient Anedjô et son frère  Fonse dou Tchaneti, qui travaillèrent du temps de leur jeunesse à la cartonnerie, demandait de nombreuses heures de travail.

Depuis la lessiveuse où bouillaient les matières premières (chiffons, paille hachée, déchets, de papiers de carton), il fallait du temps pour en avoir une pâte que les préposés passaient à l’étireuse.

Les grandes feuilles de pâte pressée étaient alors portées par des ouvrières à la salle de séchage (séchoir sur chevalet où les feuilles de carton pendaient comme du linge que la ménagère met à sécher sur un fil de fer, à l’extérieur de la maison, au soleil).

Ici, le séchage se faisait à l’intérieur de l’établissement, de jour et de nuit, il fallait du person­nel pour soigner ces grandes plaques encore humides, qui auraient pu gondoler, se déformer.

Lorsqu’elles étaient séchées, des ouvrières transportaient ces grandes plaques de carton à la salle de découpage, où d’autres ouvriers les coupaient aux mesures demandées par les clients.

Comme disait « Cousin Colas dèl Rochelle », Nicolas Lambot qui, lui aussi, travailla « al papeneryie », « al nute après awet mougnî in bouquêt èt bu ène jate di cafeî, nos nos s’ tindim-nes su dès djaubes di strain pou no r’poiser one miète, pasqui faleû bouter jusqu’au matin à sognî les car­tons » (La nuit, après avoir mangé un morceau et bu une tasse de café, nous nous étendions sur des gerbes de paille pour nous reposer un peu, parce qu’il fallait travailler jusqu’au matin à soi­gner les cartons).

« Li vyî Chasseûr , Delcorte, le contremaître, esten toudi à no derrière – pou nos fé toudi bouter - et lès Pouleur, li pa come èl fîs, ni voulin-ne nèn voye lès ouvrîs à n’rén fé »  (Le vieux Chas­seur, Delcorte, le contremaître, était toujours derrière notre dos pour nous faire toujours travailler et les Pouleur, le père et le fils, ne voulaient pas voir les ouvriers à ne rien faire).

Ces assertions m’ont été racontées bien des fois par des Preslois qui avaient travaillé àl papeneryie.

Les patrons et le contremaître ne respectaient pas leur personnel. Et d’aucuns disaient : « vous verrez, il arrivera un jour que cela tournera mal ».

La population cria au scandale, un jour d’avant la guerre de 1914, quand Ernest Pouleur s’avisa de faire abattre une petite chapelle qui était édifiée en bordure de la rue des Haies actuelle, et qui se situait juste en face de l’entrée (grille) de sa maison, dite « li maujo Pouleur », ayant sa façade principale à la rue de l’S.

Les anciens disaient : « Tant qui lès Pouleur ni r’bâtirons nén l’tchapèle, ils aront des mal­heurs ».

Cet adage est parfois vrai, mais voilà, ce serait une autre histoire, trop longue à raconter ici.

Revenons à « la Fabrique » : par un canal d’alimentation, l’eau était prise à la Biesme. L’eau faisait tourner la roue à aubes selon la force du courant, comme dans un moulin à eau, les meules en pierre broyaient les chiffons, les papiers, la paille hachée, enfin toutes les matières premières dosées, mélangées pour en faire des cartons.

En 1881, Florent Pouleur installa dans sa fabrique deux chaudières-lessiveuses.

Ayant obtenu l’autorisation d’installer deux chaudières à vapeur et une grande cheminée, cette énergie – la vapeur – mettait en mouvement toutes les machines de « la Fabrique ».

Depuis la place communale, l’accès chez le maître-papetier se faisait par une grille en fer qui fermait une grande cour.

La demeure du papetier, bel édifice en son genre, se remarquait par les grandes façades en briques rouges qui, malheureusement, ne s’accordaient pas avec les maisons en moellons de pierre bâties au XVIIIe siècle.

Outre la maison et la papeterie, il y avait une autre maison qui était habitée par le contre­maître.

En bordure de la route de Namur, des hangars couverts servaient d’entrepôt aux pailles néces­saires à la fabrication des cartons.

Les déchets de carton, les vieux papiers, les pailles, étaient achetées dans la province de Brabant. Expédiées par wagon, les matières premières arrivaient en gare de Châtelineau. De la gare à la papeterie, le transport se faisait au moyen de grands chariots tirés par des chevaux.

Au mois d’août 1914, le Kaiser allemand exigea du roi Albert le passage de ses armées en guerre contre la France. Au refus de notre Souverain, notre pays fut entraîné dans le conflit qui s’étendit à toute l’Europe et devint mondial.

Les Allemands occupèrent le village. Ils établirent dès leur arrivée une komandantur « dins l’môjô Pouleur » et occupèrent « li papeneryîe ».

Pendant l’occupation allemande, j’ai été témoin de la destruction par le feu des archives dans la cour de l’établissement.

Ernest Pouleur était réfugié en France, son fils Florent aussi.

Après les hostilités, les dégâts provoqués par les soldats allemands étaient considérables à la Fabrique et à leur maison de la rue de Fosses. Ils les délaissèrent, ne songeant même pas à réparer les bâtiments.

Li papeneryîe ne rouvrit plus ses portes, une industrie locale était perdue pour nos villa­geois.

 

En bref, nous dirons ici ce qu’il advient de la papeterie après la cessation de ses activités. Le Comte Jacques d’Oultremont logea dans la maison son régisseur Joseph Guillemain.

Vers 1930, une scierie à bois sera installée, mais elle ne fonctionnera que quelques années.

La maison en annexe sera occupée par le 2ème jardinier du château, après lui, par une ouvrière, manœuvre des maçons occupés aux réparations des bâtiments, etc. du domaine de Presles.

En bordure de la rue de Fosses, les hangars servant d’entrepôts pour les pailles seront conver­tis en maisons habitables, avec une salle de spectacle, dénommée « Le Sapin Vert », local de la société dramatique Les Nerviens.

Par la suite, un abattoir communal y sera installé, où œuvrèrent dans la boucherie-charcute­rie, les frères Raymond et Olivier Gravy.

Un incendie ravagea les locaux, la salle ne fut plus remise en état, une station garage tenta d’y faire ses affaires et, par plusieurs fois, des cabarets ouvrirent et fermèrent leurs portes, dans cette annexe pourtant modernisée, appelée communément « Les angons d’émon Pouleûr ».

En son temps, Adolphe Sente installa dans les bâtiments de la Fabrique des ateliers pour la construction de pièces mécaniques et le taillage d’engrenages.

Ghislain Fabry-Genot qui travaillait dans cet établissement, nous faisait savoir que les grandes meules de la papeterie des Pouleur étaient enterrées dans le nouvel atelier que faisait amé­nager Adolphe Sente après la seconde guerre mondiale.

La maison d’habitation a été remaniée, la pierre a remplacé la brique rouge, les moellons de calcaire s’accordent beaucoup mieux avec les anciennes maisons de l’ancien quartier « le Fourneau » qui, de nos jours, est dénommé « Place Communale », la maison susdite étant habitée par Madame M.L. Abrassart-Sente, ex-secrétaire communale de Presles.

La demeure qui jadis était occupée par le contremaître de la papeterie des Pouleur, a été aménagée de manière à en faire une salle de spectacles, de réunions, etc., qui est dénommée « Clos de la Papinière ». Cette dénomination ne correspond pas à la réalité quand on sait qu’en ce lieu, pen­dant plus de trois cents ans, une papeterie était installée et que fabrique de papier se dit en wallon : « Al papeneryîe ».

D’autre part, le terme « papinière » n’existe pas en français. (N.B. Aujourd’hui l’entièreté du site a été achetée par la Société d’habitations sociales Sambre et Biesme et fait l’objet d’une complète réhabilitation sous forme d’habitations à loyer moyen.)





LE MOULIN À FOULER

Les chartes de Presles citées ci-avant concernant le moulin banal sont toutes valables pour la foulerie.

Il est dit ce qui suit :

« Y a une présente allant delle follerie alle forge passant parmy les prés Burnaux ».

1° - Cet article est assez clair pour considérer qu’au XIIIe siècle, un sentier qui traverse le pré. Il sera remplacé par le chemin privé que fit construire le Comte Charles d’Oultremont vers 1870, en faisant planter le groupe de marronniers plus que centenaires.

2° - Nous savons que depuis longtemps une forge était installée sur la rive gauche de la Biesme à 20-25 mètres du pont actuel, que cette forge, avant 1870, empêchait les élèves de l’école communale mixte de suivre les cours du maître Xavier Marc. Des réclamations furent adressées aux édiles par M. Joseph Bancu, instituteur qui succéda à M. Xavier Marc. Ce sera suite aux réclamations du nouveau maître d’école, qui insistait sur les perturbations des cours occasionnées par le « maka » (marteau pilon) que fut construite l’école de la Place Communale.

3° - D’autre part, nous savons qu’à la rue de la Rochelle, en face des anciennes maisons Cailteur et Dohet, une rampe descend jusqu’à la rivière La Biesme. Ce petit chemin a toujours été dénommé « Sentier de la Foulerie », c’est donc qu’il y avait un établissement de ce genre dans l’environnement depuis le XIIIe siècle. Quant à savoir ce qu’on y foulait, nous n’avons pu savoir si c’étaient des draps ou des cuirs.

Dans les registres paroissiaux, nous ne trouvons pas de nom de famille « Le Fouleur », comme par exemple « Le Fondeur », « Le Masson », etc., etc., qui aurait pu nous faire connaître le maître de la foulerie, ainsi que la date depuis laquelle le moulin à fouler était en activité.

Néanmoins, par les écrits, nous savons qu’il y a eu un moulin à fouler, bâti en bordure de la Biesme mais il y a des recherches à faire pour savoir par qui ce moulin était dirigé.



LE MOULIN À AIGUISER

Vers 1850, au bout de la rue des Taillandiers, sur le côté gauche du chemin qui monte aux Vieux Sarts, un complexe appartenant à la commune est loué à Jean-Baptiste Baudelet, de sa profes­sion taillandier.

À son atelier, il adjoint un moulin à aiguiser. À cette époque, le moulin ne dût guère chômer.

Le village étant reconnu essentiellement agricole, le travail se faisant manuellement, les instru­ments aratoires, ceux des jardins, les haches et les serpes des bûcherons, les faux et les fau­cilles des moissonneurs, etc., demandaient à être réparés et aiguisés au cours des travaux de l’année.

À ce propos, au début de la « taillanderie Tilmant » rue de Fosses, les filles de la maison - tournaient la manivelle des meules à aiguiser 20.

Plus tard, ce fut un chien enfermé dans une grande roue qui actionnait les meules.

Enfin, ce fut une machine à vapeur.

Les fils, Camille, Omer, travaillaient à la forge.

Quand ils aiguisaient les outils, ils appuyaient parfois tellement fort que les filles réclamaient : « n’aspoyèz nèn si fwart, vos alès nos fé crèver » (n’appuyez par si fort, vous allez nous faire crever) disait ma mère.

Maurice Chapelle était le fils de Rosalie Maurico fille de Fidèle Maurico « taillandier » et de Gustavine Docq – grands-parents de mon ami Maurice Chapelle.



LE MOULIN À VAPEUR

Lorsque C. Popp établit le plan cadastral de la commune de Presles, il signale et inscrit sur son plan – Moulin à vapeur - qu’il situe au Chemin des Vieux-Sarts, anc., actuellement en par­tie dénommé Rue des Taillandiers.

Le moulin se trouvait bâti, en retrait de la rue, sur la gauche de l’ancienne carrière ; il fait 30 mètres carrés de surface.

Ce bâtiment appartenait à la commune de Presles, qui le louait à cette époque à Jean-Baptiste Baudelet, taillandier, à Presles.

Il existe une confusion pour la dénomination. Sur le plan cadastral, Popp écrit « moulin à vapeur », dans la suite de la matrice cadastrale, l’article 566 est libellé comme suit :

Presles, La Commune – Baudelet Jean-Baptiste, taillandier, Presles 413e moulin à aiguiser – 00.30 (mètres carrés)

Il est quand même intéressant de savoir qu’au XIXe siècle la vapeur a été employée comme force motrice, dans les moulins, les forges, les carrières de Presles.





SAINTE CATHERINE

Vierge d’Alexandrie, martyrisée, dit-on, sous Maximin, les chrétiens de ce pays-là trouvèrent le cadavre d’une jeune fille sans corruption et lui donnèrent le nom de Catherine, c’est-à-dire, pure et sans tache 21.

Les Latins reçurent des Grecs cette sainte dans le cours du XIe siècle.

Dans l’église de Presles, il existait du côté de l’Épître, un autel consacré à Sainte Catherine. Un desservant ou recteur y était attaché. Il y célébrait des messes fondées. Des revenus ou bénéfices étaient perçus pour cet autel.

Le culte de Sainte Catherine devait être en honneur au XVe siècle, mais son autel ne fut plus rétabli lors de la reconstruction de l’église au XIXe siècle.

Néanmoins, le culte de Sainte Catherine resta vivace. Au temps de notre enfance, notre grand-mère chantonnait une complainte qui pouvait bien être un cantique dédié à la Sainte.

I

C’était Sainte Catherine

La fille d’un puissant roi

Son père était païen

Sa mère ne l’était pas

Ave Maria

Sancta Catherina

III

J’adore mon grand Dieu

Mon crucifix, que voilà

N’adore point celui-ci

Adore celui-là

Ave Maria

Sancta Catherina

V

Un ange descend du ciel

En chantant Alleluia

Courage, courage Catherine

Couronnée, tu seras

Ave Maria

Sancta Catherina

 

II

Un jour dans ses prières

Son père la regarda

Que fais-tu là, ma fille

Ma fille, que fais-tu là

Ave Maria

Sancta Catherina

IV

Qu’on apporte mon grand sabre

Mon couteau qui est là

Que je tranche la tête

À cette maudite-là

Ave Maria

Sancta Catherina

VI

Mais pour ton mauvais père

En enfer, il ira

Mais pour ta bonne mère

En paradis, elle ira

Ave Maria

Sancta Catherina

Dans certaines églises, paraît-il, les filles non mariées de 25 à 35 ans, étaient chargées de renou­veler la coiffure de la sainte, le jour de sa fête.

Selon la tradition « coiffer Sainte Catherine » serait appliqué aux jeunes filles qui n’auraient pas, avant 26 ans, rencontré un jeune homme bon à marier.

Sainte Catherine, dont la fête tombe le 25 novembre, est la patronne des jeunes filles et des étudiantes, d’où « coiffer Sainte Catherine » équivaut à dire que la jeune fille qui n’a pas trouvé de galant ce jour-là, restera célibataire tout un an.

Elle était, en outre, réputée patronne des ouvriers qui font tourner des roues, parce que, dit-on, elle fut rouée.

Elle est invoquée par les « Mon.nîs » (meuniers) et les conducteurs d’attelage.

Anciennement, dans l’église de notre village, on faisait, le jour de sa fête, une grand-messe chantée à laquelle assistaient les jeunes, tout de blanc vêtus, les meuniers, les charrons et les charre­tiers.





CONCLUSION



Pendant six siècles (1300-1900), les Preslois employèrent des moulins établis sur le territoire.

Bien sûr, le moulin banal, celui où les grains étaient moulus pour avoir de la farine, était le plus achalandé car, du pain fait avec de la farine, il en faut à tout le monde et tous les jours.

Les moulins à papiers eurent leur utilité, fabricant du papier pour écrire, emballer et puis fabriquer du carton.

Les moulins à aiguiser étaient aussi très recherchés, le travail se faisant à la main, les outils tranchants des bûcherons, les outils aratoires des fermiers, ceux des menuisiers, des ébénistes, etc., devaient être bien aiguisés, pour que tous ceux qui étaient obligés par leur métier de s’en servir tous les jours, puissent travailler efficacement.

Tous ces moulins de village durent fermer leurs portes, ne pouvant plus lutter contre les usines mécanisées, modernisées, employant l’énergie électrique et les machines qui remplacent le travail manuel.

(N.B. Sainte Catherine était invoquée par les professions liées à l’utilisation de meules, de roues, et en particulier par les meuniers.)

1 Publié n 1987

2 Bourgeois, se disait autrefois pour un citoyen d’une ville jouissant de privilèges spéciaux (synonymes = vilain, roturier).

Massuyrs – ancienne coutume = tenancier, locataire d’une masure, ceux qui payaient le masuage, cens payer annuellement pour un terrain, une masure, propriétaire qui n’habite pas dans le village.

Manans – ancienne coutume = se disait pour paysan – qui habitait dans le village.

3

4 Il arriva même un temps que des sergents, pour augmenter leurs gages, recherchaient les délinquants dans tous les domaines. La Cour de Justice dut tempérer leur ardeur lorsqu’il s’agissait de délits mineurs, sans importance, non préjudiciables à la communauté (Arch. Cles non classées).

 

5 (Arch. E. Sg. Féodale reg.).

 

6 du verbe cachî, chercher.

7 Arch. Cles de Presles

8 Mesures pour denrées sèches :

 

  • le muid vaut 245 litres 690 800, il représentait 8 setiers,

  • le setier vaut 30 litres 711 360. On mesurait par quart et demi setier.

 

9 Archives Communales de Châtelet-Presles, etc.

10 Archives Communales de Châtelet, non numérotées.

11 Arch. Cles Châtelet-Presles

12 Arch. Cles Ps – Il s’agit de Pierre Henin, meunier à Presles.

13 Arch. Et. Namur – Souverain Baillage. Farde Roselies-Evesquoy – XVIIe-XVIIIe S.

14 Arch. Et. Namur – Souverain Baillage. Farde Roselies-Evesquoy – XVIIe-XVIIIe S.

15 Nous regrettons de ne pas avoir trouvé dans les archives communales et autres, les prestations de serment des maîtres et la patente délivrée à Philippe Tilmant. Cependant, à la date de 1680, il y a un tarif d’exportation, donc, à Presles, une papeterie est en activité et du papier est exporté dans les Pays-Bas.

16 Arch. Cles Ps. – Reg. État-civil et reg. Population.

17 Arch. Cle Châtelet, reg. État-Civil et population.

18 Arch. Cle Ps. – plan cadastral

19 Id. – recette communale – taxe sur les chevaux, etc.

20 Joséphine, mariée à Louis Lambot, dit « li Deûr ».

Roselie, mariée à Ghislain Chapelle.

Désirée, mariée à Camille Losson.

Georgina, mariée à Azéma Debruges.

Hélène, mariée à N. Vantard à Pocey – Jura – France, en 1914

 

21 Biblio.

Abbé F.W de Feller – Dictionnaire Historique, etc, à Lyon, 1824.

E. Yernaux et Fiévet – Au temps de nos grands-mères.

Félix Rousseau – Légendes et contines du Pays de Namur, pp. 131-132.

 

 

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