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Les auberges

Les auberges 1

 

L’AUBERGE « LE RELAIS »

 

Jadis, quand nos ancêtres désiraient faire un voyage, qu'il soit court ou long, ils devaient user de leurs jambes.

Heureux étaient ceux qui avaient des chevaux, et plus encore, ceux qui possédaient une voiture.

D'autre part, il faut savoir aussi que le transport de toutes les denrées de quelque nature qu'elles soient se faisait en empruntant des voies de communications appelées «grands chemins ou voyes», dénomination admise par les autorités communales, déjà au xive siècle.

Nous en avons encore quelques souvenances dans notre village.

Notamment le grand chemin de Pont-de-Loup à Walcourt, dit populairement li Nwaer Tchimin mais aussi dit Chemin dès Prêcheux. Cette dénomination était due au fait que les reli­gieux du Couvent de Saint François, à Farciennes, l’empruntaient pour venir prêcher et mendier dans nos villages.

Le grand chemin de Chastelet à Dinant traversait le hameau des Binches, depuis de lieu-dit la Bergère jusqu'au hameau du Bas-Sart-sous-Presles (actuelle rue Grande).

Jadis, le grand chemin de Chastelet à Namur traversait toute la Basse-Campagne de Châtelet pour venir couper li Nwaer Tchimin ci-dessus, et, déboucher au lieu-dit la Drève, aller en descente au Chef-lieu du village (disparu) et ; après avoir traversé la rivière la Biesme, dite li grande Eûwe, remonter li tienne Burlon pour aller jusqu’à li cinse la ferme de la Cahoterie, et enfin, de là, à travers champs et bois, gagner les communes namuroises, Le Roux, Fosses et Namur.

Tout cela étant dit, les voyageurs d'autrefois n'étaient pas toujours en sécurité sur les routes.

Aux xvi , xvii e et xviii e siècles, les souverains de la Principauté de Liège promulguèrent des ordonnances pour rechercher, arrêter, mettre en prison tous les voleurs, vagabonds, fripons, etc., qui traînaient sur les grands chemins pour, à la rigueur, les bannir et les expulser du pays.

Au cours de ces trois siècles, des soldats déserteurs des armées étrangères en guerre ne se gênaient pas de vivre de vols et de rapines, et se cachant dans les bois du Pays de Liège.

Sur les routes, ces individus attaquaient les diligences. Les voyageurs à pied ou à cheval tombaient dans une embuscade et, les cordons de leur bourse étaient coupés quand ce n'était pas leur tête.

En ces temps-là, les routes qui traversaient notre village n'étaient pas garnies de maisons (elles le sont encore en bonne partie de nos jours) et les rôdeurs des grands chemins pou­vaient, à leur aise, rançonner les voyageurs.

Nos plus anciens informateurs nous ont raconté des histoires de brigands qui ont eu pour théâtre les lieux-dits de l'Uche al boûse et du Fond de Coupe-Gueule, endroits propices aux mauvaises rencontres.

« Avant 1830, nous ont-ils dit, une diligence venait de Châtelet et passait au village pour rallier la ville de Namur. »

Cela est possible, si nous nous en référons à ce qu'un complexe à usage d'auberge, dénommé Le Relai était situé en bordure du grand chemin de Chastelet à Namur.

Cette auberge se situait dans le quartier dit du Chef-lieu où, les voyageurs pouvaient trouver le gîte et le couvert, qu'ils soient à pied, à cheval ou en voiture.

Cet hôtel-restaurant du temps passé était tenu par Charles-Louis Clouet, né à Villeneuve, arrondissement de Senlis (sic.) France 2 en 1772, et son épouse Rosalie Joris, née à Châtelet en 1798.

Charles Clouet fut conseiller communal en 1836. Son fils Louis continuera le cabaret qui ne fermera ses portes qu'en 1890.

L'établissement, toute activité ayant cessé, sera repris par le comte Eugène d' Oul-tremont qui s'en servira pour loger son régisseur.

De nos jours, nos contemporains peuvent encore voir cette ancienne auberge à la rue du Pont, presque vis-à-vis de l'ancienne maison communale. Elle était occupée passagèrement par Mme la comtesse Madeleine d' Ursel, veuve du comte Paul d'Oultremont, qui l’acheta en 1949.

 

L' AUBERGE «  PIERRE MOUSSET »

 

Depuis le xii e siècle, le village de Presles avait sa voirie, consistant en des grands che­mins, des chemins secondaires et des sentiers.

Les grandes voies de circulation avaient, comme on disait en ce temps-là, des yssues de villes, autrement dit, des chemins que les Preslois empruntaient pour aller chez leurs voisins des communes limitrophes et naturellement voyager aussi beaucoup plus loin.

Ce fut tout un évènement pour nos grands-parents, quand après 1830, on parla de cons­truire une chaussée qui relierait la ville de Châtelet à la ville de Fosses.

Cette nouvelle voie de circulation allait changer la physionomie du village car elle traverse­rait le village de part en part. Son tracé se situait dans une partie du territoire qui, depuis toujours, était resté vierge d'habitations.

Dès la construction de cette nouvelle chaussée, Pierre Mousset, maçon, demeurant au chemin des Vieux-Sarts, demanda à la commune l'autorisation de bâtir en bordure de la nouvelle chaussée 3.

Ce nouveau complexe de bâtiments, Pierre Mousset le destinait à l'usage d'auberge où les voyageurs à pied, à cheval et avec voiture trouveraient le gîte et le couvert.

Cette auberge, bien placée sur la route Nationale n° 22 allait faire concurrence à l'auberge Le Relais et, plus encore, devait après 1845, faire de bonnes affaires, les voyageurs n'empruntant plus le vieux chemin de Chastelet à Namur, mais préférant la nouvelle chaussée carrossable, ombragée par des ormes.

De nos jours, nous pouvons encore voir l'ampleur de cette propriété, une partie des bâti­ments ayant été remaniés, cette ancienne auberge se situait sur le coin des actuelles rues de Fosses et de l' S.

Après Pierre Mousset, ses héritiers ne comprirent plus la destination première du bâtis­seur.

Florent Pouleur, qui avait épousé une fille de Pierre Mousset, et exploitait la papeterie de la Place communale, fit de tout ce com­plexe de bâtiments une belle et riche maison de maître.

On ne parla plus de l'auberge, mais tout ce complexe sera appelé li maujô Pouleûr.

1 Publié en 1989 in Us et Coutumes I

2 Arch. Cle. Ps, Reg. population

3 Arch. Cle. Ps. Autorisation de bâtir, année 1839

 

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