Outils personnels
Vous êtes ici : Accueil ERNEST GRAVY et le « Patrimoine Preslois » asbl Dossiers Histoire de l’ eau à Presles
« Février 2017 »
Février
LuMaMeJeVeSaDi
12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728
 

Histoire de l’ eau à Presles

Histoire de l’ eau à Presles 1



Hydrographie

Les eaux courantes sont représentées par six cours d’eau, dont cinq sont affluents de la Biesme, elle-même étant un affluent de la Sambre.

Le ruisseau le plus important est sans conteste La Biesme « li grande eûwe » qui venant de Sart-Eustache à la cote 135 m, a creusé une vallée de direction Sud-Nord, décrivant de nom­breux méandres pour entrer sur le territoire d’Aiseau, à la cote 124 m.

Les eaux dormantes étaient représentées par des étangs, des mares, des wez, des abreuvoirs publics et privés, qui pour la plupart sont rayés de la carte.

Jadis, avant la distribution d’eau potable (1905), les habitants utilisèrent l’eau des pluies, et l’eau des petites sources jaillissantes du sol, les aménageant et les dénommant.

La plupart de ces « Fontaines » sont aujourd’hui taries et celles qui restent ne sont plus employées (voir carte) 2.



L’euwe

Expression locale assez répandue qui désigne le ruisseau le plus important du village (v. Roland. Topo. de Gerpinnes p. 29).

Au XIIIe siècle, la charte de Presles stipule ce qui suit :



« Une piesente entre les maisons qui fut jehan cathée et celle de colart wauthier allant tout jus à l’euwe.

« Ung chemin allant delle chambre à l’euwe.

« Une piesente en everscoy prendrant a chemin passant le trison et allant à l’euwe où il doibt avoir passaige (pont ou passage à gué) ».



C’est sous cette forme simple qu’on désignait jadis la Rivière « La Biesme ».



La Biesme

Au cours des hautes époques, la Biesme fut désignée et reconnue sous divers noms.

« BIBRONA et BEVERNA » aux IXe et XIIe siècles. « BEVENA » au XIIIe siècle, qui nous conduira à la dénomination officielle BIESME.

Les lieux et les rivières du nom de Biesme ou sous une forme similaire seraient des lieux qui servaient d’habitats aux castors lorsque ces petits mammifères habitaient notre pays (v. Etude sur les noms de Biesme. In Annuaire du Cercle Archéologique d’Enghien T. VI / Jos, Noel et Maurice Chapelle, Le Castor dans l’étymologie des lieux-dits. In Messager de Fosses 1951).

Il est faux de penser à Biesme-village, qui aurait donné son nom à la rivière, il faut y voir le contraire.

Pour nos villageois, l’appellation locale et la usuelle sera la « Grande eau » ou en wallon « li grande eûwe » en considération que c’est le ruisseau le plus important qui coule dans le vil­lage.



Le Ry d’Oret

Appellation officielle qui désigne aussi la rivière: La Biesme.



Le ruisseau de Presles

Dénomination aussi officielle parfois employée pour indiquer : La Biesme.



Rieux

  • Le Ry des Grands Rys

« Ce périmètre » (Sart-Eustache et Presles) se dirige du ruisseau dit « Grand Rieu » jusqu’à la rivière dite « Grande Eau » cadastre 1812.

Il s’agit du ruisseau qui sépare Sart-Eustache et Presles voûté sous la route Nationale n°22, et qui se jette dans la Biesme.



  • Le Ry du Fond de Coupe-Gueule

Affluent de la Biesme qui sépare le territoire de celui de Le Roux, province de Namur, c.à.d. P.P.

Par extension, il est appelé aussi « Ry del Scavée », dénomination due à la raison du l-d « La Scavée » qui est voisin.



  • Le Ry des Larrons

« Le ruisseau de la Fontaine des larrons » c.à.d. P.P.

Affluent du Ry des Waibes et sous-affluent de la Biesme, il limite en partie les bois de Châtelet et de Presles, dans le hameau des Binches.

Doit-on voir en cet endroit « une fosse des Larrons » repaire de quelques soudarts qui au temps des guerres s’embusquaient dans les ravins pour piller les voyageurs et vivre de rapines ?

Larrons = fripons, voleurs d’où par extension la « Fontaine des Larrons », dont ils auraient usé de l’eau et qui aurait pris ce nom.

J.L. Fauconnier attribue cette dénomination à des voleurs de glaise (terre plastique) = lar­rons = gens de Presles et de Villers-Poterie, dans les exploitations de Châtelet, qui poursuivis, n’avaient qu’à franchir le petit ruisseau pour se trouver hors de l’emprise de la juridiction de Châtelet (in Le Vieux Châtelet an 7e 1967 p. 177).

Le vol de terre plastique ne devait pas rapporter beaucoup aux larrons, sauf beaucoup de peine.

Mais, « larron » désigne aussi « trou, fissure par où fuit l’eau d’un canal ».



  • Le Ry des Prés des Rys

La ligne de démarcation des deux territoires (Presles et Gougnies) se dirige par le ruisseau des prés des Ryes (cad. 1812).

Il s’agit de l’affluent de la Biesme, qui vient s’y jeter près du pont du Bas-Sart-sous-Presles (actuellement Sart-Eustache).



  • Le Ry des Waibes

« Le ruisseau des Waibes » affluent de la Biesme, grossi des eaux du ruisseau Fontaine des Larrons.

Ce ruisseau a été désigné sous le nom « Le Torrent ».

« Un lavoir de mines fait et établi le long du ruisseau des Waibes dit Le Torrent, hameau des Binches » 1858 Arch. Cle. Ps.

Au début du XIXe siècle, il est cité et dénommé « le ruisseau des Lavoirs » en raison des deux lavoirs de minerais de fer installés sur ses rives.



  • Le Ry du Moulin (li Ry dou moulin)

Ce ruisseau n’a aucun rapport avec le moulin de Presles. Il concerne un ruisseau qui fait la limite de Presles avec Pont-de-Loup.



  • Li Rychot dou Grand Pachy

Il s’agissait d’un fossé portant le nom du l-d qu’il traversait.



  • Le Ryeu del Nowe

Citation du XVIIe siècle, du ruisseau des Waibes et des Fontaines des Larrons.

Nowe = signifierait « noue » bord de l’eau, dont le hameau du Bord delle nowe = Bordinois



  • Ruisseau des Vaucelles

Il s’agissait d’un petit « Rychotia » qui coulait dans la vallée des Vaucelles, dans l’environnement de la Cense de Golias.

Il coulait sous la ligne du tram à vapeur et de la route Nationale n° 22.

Il alimentait une fontaine dans le fond du jardin de Juliette Culot (Burton) tout contre « li pâle dou bî dèl papèneriye » (la pale du bief de la papeterie).



  • Le Torrent

Cité en 1858, ACP. pour désigner le ruisseau de Waibes. Doit-on en déduire que ce ruis­seau, il y a plus d’un siècle, était plus important que de nos jours et qu’il avait un courant rapide et torrentueux.



Fontaine

Petite source jaillissant du sol, dont l’eau servit longtemps à l’alimentation de la population avant la distribution communale d’eau potable.

Les fontaines furent nombreuses, mais la plupart ont disparu.



  • La fontaine de Fer

Eau ferrugineuse qui sort de terre dans une prairie du l-d les minières, hameau des Binches.



  • La Fontaine du Fourneau

« Le ruisseau de Biesme près de la pompe de la fontaine du fournia » 1901 ACP.

Fournia = forge ou fourneau pour fondre le minerai de fer.



  • La Fontaine delle Goette

« Faire nettoyer la fontaine delle goètte » 1900 ACP.

« Établir un puits avec pompe au l-d fontaine delle goètte » 1901 ACP.

De nos jours, la pompe est encore visible, en face des anciennes maisons Arnoul, rue des Haies (maison Cugudda).

J. Léonard. Lexique namurois « goyète » = puisard profond à ciel ouvert, alimenté par une source.



  • La Fontaine de la Goulotte

Elle se situait au fond des Binches, où se trouvait un abreuvoir. Elle doit être considérée comme semi-rustique et naturelle, car, une petite maçonnerie renforçait un tuyau en col de cygne qui plongeait dans les eaux du ruisseau des Larrons, faisant office d’une fontaine à jet continu.

Goulotte, goulette = petite rigole servant à l’écoulement des eaux.



  • La Fontaine du Grand Pachy

Source d’eau au Coumagne, dans le l-d. de ce nom.



  • La Fontaine Lambot

Il y en avait 2. Une située rue de la Rochelle « un puits qui serait creusé à la Rochelle, au l-d. Fontaine Lambot » 1901 ACP.

Elle se trouvait en face de la maison de Nicolas Lambot.

L’autre était située en contrebas de la rue de Fosses, derrière la maison de Charles Lambot.



  • La Fontaine des Larrons

« Autorisation de capter les eaux de la source de la Fontaine des Larrons » 1905 ACP.



  • La Fontaine delle Tchanere

« Près de la Ryvière, où, on dit alle fontaine delle tchanère » ACP.

Cet endroit nous paraît assez proche du l-d « al bate ».

Du wallon tchane = chanvre, nous ne voyons pas bien le rapport, sinon que jadis, on aurait fait le rouissage du chanvre en cet endroit. Une famille du village nommée Jacquy, portait le sur­nom « dès tchanetîs ». Elle était marchande de chanvre, cordes, etc., et habitait non loin de là.

La fontaine fut munie d’une pompe.



  • La Fontaine delle Tarlette

Petite source d’eau qui se situait dans la partie basse du l-d « Les Vieux Sarts ».



  • La Chaudefontaine

« Une piesente commenchant à liebrois et allant par chafonteine à everescoy » 1591. Charte.

« Allant a chafonteine joindant par desseur aux terre du seigneur » (XIIIe siècle, charte).

« Sur une terre à chauxfontaine touchant au bois chaumont » 1705. ACP.

« À tchode fonteine » 1648. ACP.

Composé de CHAUDE + FONTAINE, engage à comprendre une fontaine aux eaux chau­des, source thermale.

Àl Bouloire : expression wallonne qui sert à désigner CHAUDE-FONTAINE. Du verbe bouillir = eau en ébullition 3.



Puits (en wallon : pus)

Trou creusé dans le sol, souvent maçonné, muni d’un appareillage pour en tirer l’eau.



  • Li Pus Djaquèt (le puits Jacquet)

Il était situé au hameau des Binches, au l-d « Bordinois ». 1901. ACP.

C’était une propriété de la famille Jacquet.



  • Li Pus dèlle Reuwe Haute

« Le 11 février 1858, le C. Cl décide d’échanger des terrains de la vieille Place (chef-lieu) ».

Dans les conditions d’échange se trouve la clause suivante :

« Le comte (Charles) d’Oultremont doit établir un puits avec ses accessoires au hameau de la rue Haute » (Cfr. ACP).

Ce puits se trouvait face à la maison Marcq, au coin de la maison Brachotte.



Abreuvoirs

Retenue d’eau pour les besoins autres que ceux dits ménagers.



  • Les abreuvoirs communaux

  1. « L’abreuvoir du fond des Binches » 1890. ACP., alias li basse Djaquèt.

  2. « Un abreuvoir au Coumagne » 1885. ACP.



  • Les abreuvoirs privés

  1. « L’abreuvoir de la cense de Golias » 1812. ACP.

  2. « L’abreuvoir de la cense de la Cahoterie » 1812. ACP.



Basse (wallon : àl basse)

Mare, endroit marécageux où l’eau en stagnation servait à alimenter les bestiaux.



  • Li Basse dou Cuvlî

Mare d’eau qui s’est formée après l’extraction de terre plastique dans une prairie en bor­dure de la rue Al Croix, appartenant à la famille Wauthiez dit « Cuvlî ».



  • Li Basse Lepage

Pour les mêmes raisons que la précédente et dans le même endroit, du nom de son pro­priétaire.

Par extension : li basse Dambly, du nom de son nouveau propriétaire.



  • Li Basse Djaquet, ensuite Mourmau

Il s’agit de l’ancien abreuvoir au fond des Binches, qui se présentait sous la forme d’une grande mare dite « li basse ».

Du nom de son propriétaire Gaspard Jacquet-Paradis qui habitait vis-à-vis de la mare. Ensuite « li basse Mourmau » quand Auguste Mourmeaux, reprit la maison cabaret, de mon tri­saïeul Gaspard Jacquet.



Le marais

« En es marets derriere le maison de le vesture » (XIIIe siècle) Charte.

Il s’agit d’un terrain marécageux qui a été converti en étang, dans le parc, au XIXe siècle.



Étang

  • L’étang du château

Pièce d’eau faisant plus d’un hectare et demi alimentée par les eaux de la Biesme, agré­mentée d’une île boisée, qui se situe dans le parc de Presles.



La cascade

En venant du château, et, en empruntant le chemin dit « de la Vallée » qui se développe parallèlement à la rivière La Biesme, on trouvera un petit étang, alimenté par l’eau qui cascade d’un rocher à l’autre.

Cette cascade artificielle est alimentée par le trop plein du grand étang, qui circule dans une canalisation établie dans la colline.

La vanne qui libère l’eau du grand étang se trouve au « Culot » de l’étang, près de la fausse grotte aménagée en cet endroit.

Dans le nord du parc, a été aménagé un autre petit étang où flottent des nénuphars.

Ce sont des réalisations dues au comte Charles d’Oultremont-Bryas (1850 – 1860).



L’étang Pierard

C’est une pièce d’eau qui a été créée en complément du château-ferme et des jardins des « Longs Prés » vers 1930.



Le Wez

Mot conservé dans les noms de lieux qui par extension désigne une mare, un abreuvoir et aussi un étang de peu d’étendue et de peu de profondeur.



  • Au Wez dès Rouwalles ou Djaquèt

Appartenait à la famille Jacquet qui habitait vers 1840, à la rue Al Croix, désaffecté vers 1930.



  • Au Wez Pouleûr

Déterminé par le nom de la famille Pouleur qui vint habiter l’ancienne maison Mousset.

Il se situait en bordure de la rue de l’S et de la rue des Haies, désaffecté après 1918.



Le Bief (wallon : li Bî)

Ce terme pourrait s’appliquer à tous les ruisseaux du village, néanmoins, il n’est retenu que pour la Biesme, qu’on dénomme parfois « li bî d’Orèt ».

En wallon In bî = un bief, un canal de dérivation qui conduit l’eau jusqu’à la roue d’un établissement industriel.



  • Le Bief du Moulin (XIIIe siècle Charte)

« Et quand le byes de desseur le molin a affaire d estre nesttoyer et fourbis, ledicts moul­nier doibt tourner jus le aiwe alle batte et les bourgois et manans le doient nesttoyer et fourbir ».

Il s’agit d’un BIEF supérieur sur lequel était établie une corvée pour son entretien, c’était celui qui faisait travailler le moulin.

Le BIEF inférieur était celui qui ramenait l’eau « bouldure » (fosse à roue) vers la rivière.

Le canal de dérivation d’un bief, en wallon « faus Ry » est celui qui se trouve avant la vanne de l’abée et qui dérive l’eau sur la roue en cas de nécessité.



  • Li Bî dèl paènerîye (papeterie)

Dérivait depuis chez Juliette Culot jusqu’à « mon l’roussia Masy ».



  • Li Bî d’sortîye

Sortait près de la grange de Pierre Moureau (maison démolie, Place Communale, actuellement le centre culturel) et allait jusqu’aux escaliers en face de chez Pochet.

Il y avait un mur en « épi » pour empêcher les eaux « dèl Grande-Eûwe » (de la Biesme) de venir se jeter impétueusement sur le mur près de la cabine électrique.



Le Gué

« Le passage à gué sera supprimé et remplacé par un pont » 1836. ACP.

Selon les archives, il s’agit du passage à gué qui se situait dans l’environnement de la chapelle Saint-Roch, Place Communale, et qui traversait la Biesme pour déboucher au Sentier dit « de la Foulerie » qui remonte à la Rochelle.

Dans notre esprit, nous voyons le passage à gué, descendant de la Rochelle, passant entre les haies, derrière les jardins de chez Zante (Dohet-Cailteur) et du « Vîy Champète (Gof­faux).

Le lit de la rivière était pavé de briques, la sortie se faisant assez près de la petite maison, bâtie à l’entrée des Prés Burniaux.

La remontée se faisait vers la « rouwalle Sint Djôr », rue Saint-Georges actuelle.

Le gué fut d’abord remplacé par une passerelle en bois, à l’usage des piétons seulement, plus tard par le pont de pierre de la rue de la Rochelle (1839).



Droits et obligations du seigneur et des habitants

Les seigneurs avaient le droit des eaux, celui de Presles et celui de Farciennes se parta­geaient la Sambre comme propriétaire mitoyens.

C’est ce qui est consigné au registre des droits seigneuriaux de la terre de Farciennes, année 1597.

S’ensuit donc :

« At ledict seigneur de frachine à luy appartenant le Ryvière de sambre prendrant a le buse du vivière de st fransoy descendant jusques aussi bas que le terre de presle s extend excepté que ou c est terre de chastelet et terre de presle n appartient audit seigneurs qui a un costez ».



Cela est clair, les deux seigneurs tiraient de la Sambre un certain revenu. Certainement la pêche, et probablement un péage des antiques « sambresses » bateaux qui transportaient des marchandises.

Les plus anciennes chartes (XIII-XIVe siècles) donnent déjà à cette époque un règlement concernant l’usage des eaux.

Le seigneur de Presles est maître de toutes les eaux qui coulent sur le territoire.

Extrait :

« Au poinct de l’eawe chascun bourgois ou mannans en ladicte terre de presle peult prendre son aisemence à la course de l’eawe partout le haulteur sans le pouvoir tourner de hors de sa course accoustumée, sij ce n est par congiet du seigneur ».



Il est donc permis à tous les habitants de prendre de l’eau à la rivière et aux ruisseaux.

Il faut avoir la permission du seigneur pour détourner un cours d’eau, pour faire tourner la roue d’un moulin, d’une forge ou d’un autre établissement industriel.

Extrait :

« Et ij peullent ceux de prelle et de rohelies pescher et prendre poissons en toutes manières qu ijls le peul­lent avoir ou empenner san harnas gissants, en payant chascun bourgois et mannans desdicts prelle et roheillies par an au ijour st jean-baptiste ung poulet de cense ».



À cette époque, tous les habitants demeurant à Presles et à Roselies peuvent pêcher toutes sortes de poissons partout dans les eaux courantes.

L’emploi d’engins tels que lignes de fond, nasses ou autres pièges pour prendre le poisson est interdit.

L’empennage est autorisé ; il s’agit d’une ligne garnie de plumes qui au cours des temps sera modernisée par l’emploi du bouchon ou du flotteur, corps léger flottant sur l’eau, qui lorsqu’il s’enfonce indique au pêcheur qu’un poisson s’est fait prendre au piège.

La pêche aux écrevisses, qui sont des crustacés, était interdite. La récolte devait être por­tée au château.

Le permis de pêche était déjà soumis à une redevance en nature. Un poulet de ferme devait être porté à la cuisine du château.

Extrait :

« Mais nulz ne peult faire huyssines sur lesdictes euwes sans congiet du seigneur ».



Le seigneur étant maître des eaux, un habitant ou un étranger devait demander au sei­gneur la permission d’établir un établissement industriel sur la rive d’un cours d’eau, et d’utiliser l’eau comme une énergie suffisante pour faire marcher les machines et autres appareils de son établissement.

Cette permission était souvent accordée, car nous observons qu’à cette époque des XIII-XIVe siècles, des moulins, des forges, des taillanderies, des affineries, fouleries, brasseries, sont édifiées sur les rives de la Biesme, et sont en pleine activité.

De par ce règlement concernant l’usage des eaux, nous pouvons sans contestation, dire qu’à cette époque des XIII-XIV-XVe siècles, une activité industrielle assez importante était en train de prendre son essor dans le village.

En divers domaines, l’artisanat se maintiendra jusqu’à la moitié du XXe siècle. Les établisse­ments du village seront obligés de fermer leurs portes, les petits artisans ne sachant plus lutter contre la concurrence des usines mécanisées.



L’eau potable

Jadis, il n’existait aucune distribution d’eau potable.

La population s’alimentait à des fontaines, sources d’eau naturelle, jaillissant du sol, don­nant une eau limpide et claire.

Malheureusement, pendant des sécheresses, ces fontaines étaient à sec, ou d’un débit insignifiant.

La population devait alors avoir recours à l’eau de pluie.

Les maisons possédaient des citernes de grande capacité pouvant contenir une réserve d’eau de pluie pour plusieurs mois.

Il est à noter ici, que le village étant agricole, l’eau de pluie n’est pas souillée par les poussiè­res d’usines ou de charbonnages, comme dans les régions industrielles.

Pendant les périodes de l’année où l’eau était rare, les fermiers s’approvisionnaient à « l’grande eûwe » la Biesme, pour alimenter leurs bestiaux.

Enfin arriva l’année 1905, la population presloise allait avoir une distribution d’eau potable. C’est ce que nous allons voir, ci-après.



Convention pour une distribution d’eau potable

Extrait de la copie originale. Arch. Cles Ps

Entre

Monsieur le Comte Eugène d’Oultremont et Madame la Comtesse d’Oultremont, née Henriette d’Oultremont, demeurant ensemble, domiciliés à Presles, de première part,

Et,

La Commune de Presles, représentée par son Collège des Bourgmestre et Échevins, à ce dûment autorisé par une délibération du Conseil Communal, en date du 3 mai 1900 cinq, de seconde part.

Il a été exposé ce qui suit :

Que la dénommée de seconde part, ayant sollicité les dénommés de première part, l’autorisation de capter et dériver les eaux du groupe des sources existant dans le bois de la Haie des Potiers, sur Presles, appartenant aux dits dénommés de première part, pour l’alimentation de la Commune de Presles et du hameau des Binches, les dénommés de première part, ont acquiescés gracieu­sement à cette demande, dont ils ont subordonné l’octroi et la concession aux clauses et condi­tions d’un accord auxquelles les parties se sont soumises après avoir déclaré bien connaître ledit groupe de sources émergeant dans le bois de la Haie des Potiers, vers la limite des bois de Châtelet et Villers-Poterie.

Cet exposé fait, les dites parties ont arrêté la convention suivante.

Article 1

Il est concédé par les nommés de première part, à la Commune de Presles, pour un terme de quatre-vingt dix-neuf ans prenant cours le lendemain du jours de l’approbation par la Députation Permanente du Conseil Provincial de Hainaut, pour finir à l’expiration des quatre- vingt dix- neuf ans, expirés et révolus, sans qu’aucune reconduction ou prorogation tacite puisse être invoquée, le droit exclusif de capter et de dériver les eaux du groupe des sources existant dans le bois de la Haie des Potiers sur Presles pour l’alimentation de cette dernière commune jusqu’à concurrence de cent mètres cubes d’eau par jour, la dite quantité ne pouvait en aucun cas et sous aucun pré­texte être dépassée.

Article 2

Tous les travaux nécessaires pour la captation, la dérivation et la distribution des eaux des dites sources doivent être effectués aux seuls frais, Rysques et périls de la Commune de Presles.

Article 3

Il sera versé chaque année, dans les quinze premiers jours du mois de juin, en mains de Monsieur le Régisseur du Domaine de Presles, une somme de dix francs, à titre de reconnaissance du droit de propriété des dénommés de première part. 

Article 5

La Commune de Presles devra restituer au ruisseau des Binches, toutes les quantités qui reste­ront après l’octroi des cent mètres cubes à la dite commune.

Article 8

La dénommée de seconde part, sera tenue d’établir et d’entretenir également à ses frais, pendant toute la durée de la concession, une conduite d’approvisionnement partant du réservoir et aboutis­sant au mur du parc du château, avec ses accessoires pour assurer l’alimentation d’eau au château de Presles, à raison du tiers de la quantité d’eau débitée par les sources, dans les condi­tions énumérées dans la présente convention.

Article 9

Les surnommés de première part devront fournir gratuitement les terrains leur appartenant, néces­saires à l’emplacement des réservoirs, appareils, conduites, canalisations, etc.

La commune de Presles au profit de la quelle de nombreux avantages sont stipulés par la pré­sente.

Article 19

La commune de Presles pourra avec l’agrément de Monsieur le comte d’Oultremont ou de ses héritiers disposer de la partie de l’eau des sources rejetées dans le ruisseau des Binches.

Article 20

Pour bien déterminer l’esprit de cette convention, les idées dans lesquelles elle a été proposée et acceptée et garder les esprits dans leurs travaux et les tribunaux dans l’appréciation des contesta­tions qu’ils pourraient avoir à juger, il est expressément reconnus par les parties soussignées que Monsieur le comte Eugène d’Oultremont et Madame la comtesse, née Henriette d’Oultremont, n’ont consenti à accorder l’autorisation du captage et de dériver les dites sources que sous les instances réitérées de la commune de Presles et en vue de pourvoir les agglomérations des Binches et de Presles, d’une alimentation d’eau potable, qui conséquemment la dite commune supportera dès maintenant et toujours, tous les frais et dommages, généralement quelconques.

Article 21

La concession accordée à la commune de Presles, étant exclusivement personnelle, la dite com­mune ne pourra accorder des droits à la présente en tout ou en partie, ni les transmettre à d’autres sous quelques formes que ce soit.

La présente convention est faite sous réserve d’approbation par la Députation permanente du Conseil provincial et par le Roi.

Elle sera considérée comme nulle et non avenue si elle n’est pas reconnue définitive, avant la fin de l’année 1900 cinq.

Article 22



Presles, le 1er mai 1905

E. Pouleur, échevin Ctsse Eug. d’Oultremont.

J Gécé, secrétaire int. Cte Eugène d’Oultremont.

Vu et adopté par le Conseil communal de Presles, en séance du neuf mai 1900 cinq qui autorise le conseil des Bourgmestre et échevins à passer acte définitif de cette convention dès approbation par les autorités supérieures.

Pour le ConseilPour le Bourgmestre

Le secrétaire int.L’échevin délégué

J. GécéE. Pouleur

N° 2035-6074

Vu par le Commissaire voyer, soussigné Marcinelle, le 3 juillet 1905. Baudoux.



  • Modifications de la convention

Article 4

À l’expiration de la présente concession, soit pour l’arrivée du terme, soit qu’elle prenne fin avant l’expiration des 99 ans, pour une cause quelconque, toutes les installations de quelques nature et importance qu’elles soient, telles que réservoirs, conduites, appareils, canalisations, etc., établis dans les propriétés des dénommés de première part, leur appartiendront de plein droit.

Article 7

Si le débit de la source venait à décroître de telle façon que la quantité concédée à la commune de Presles fut trop minime, l’administration de cette commune aura le droit de résilier la présente convention moyennant avertissement donné au moins un an d’avance sans devoir aucune indem­nité aux propriétaires.

Article 17

La commune de Presles s’oblige à maintenir en parfait état la canalisation ayant pour but d’assurer l’alimentation du château de Monsieur de comte d’Oultremont, dans les conditions des articles huit et dix ci-dessus et à parer aux interruptions éventuelles de ce service.

Presles, le 19 décembre 1905.



Ctsse Eug. d’Oultremont. Cte Eug. d’Oultremont.

E. Pouleur. Gécé. Secrétaire int.

Vu et adopté par le Conseil communal de Presles, en séance du 19 décembre 1900 cinq, qui auto­rise le Collège des Bourgmestre et échevins à passer acte définitif de cette convention dès appro­bation par les autorités supérieures.

Pour le Conseil, le Président Ernest Pouleur, le secrétaire Gécé.

2ème Division, n° 100304. Vu et approuvé par la Députation permanente du Conseil provincial du Hainaut.

En séance, à Mons, le 11 mai 1906.

Président L. Frison, L. Dubois, A. Wandenpapen, L. Chevalier, P. Pastur, L. Coty, Députés. C. Wiliquet, greffier provincial, Rapporteur M. Carly.

La convention est revêtue des sceaux de la commune de Presles et de la Députation Permanente du Conseil Provincial du Hainaut.



Commentaires

Le captage des sources du bois de la Haie des Potiers, allait donc permettre aux habitants de Presles de pouvoir jouir d’une distribution d’eau potable gratuitement.

Au point de vue historique, il s’agissait tout simplement de capter les sources des Fontai­nes des Larrons.

Ce ruisseau vient de Villers-Poterie, il fait une limite naturelle entre les communes de Pre­sles et de Châtelet, à travers bois.

Son cours d’environ trois kilomètres aux innombrables méandres traverse une végétation forestière riche en chênes et en hêtres.

Abandonnant le couvert, il longe les praires et les terres Collet et du « Culot dou Bos ». Il vient se déverser dans un abreuvoir au Chemin du Tri Jean Roy, actuellement rue Grande.

De l’abreuvoir et d’une petite construction en maçonnerie pourvue d’une buse qui plon­geait dans les eaux claires du ruisseau et qui faisait office de fontaine, il n’en reste plus rien.

La traversée de la rue Grande se fait maintenant sous terre.

Les eaux susdites se déversent dans le ruisseau des Waibes. Elles coulent du sud au nord et arrosent les herbages du Bordinois et traversent les prairies jusqu’à la route Nationale n° 22, où le ruisseau des Waibes a été voûté en 1845.

Le ruisseau continue à ciel ouvert jusqu’à la rue des Wespes et ensuite souterrain jusqu’à la Biesme.

Jadis, ce ruisseau devait avoir un débit d’une certaine importance, car, il était dénommé « le Torrent ».

Le Conseil communal signalait le 30 novembre 1854, un lavoir de mines sur le ruisseau dit « le Torrent » dans un terrain appartenant au comte Charles d’Oultremont, situé au l-d. « pré des minières » sous les Binches.

Ce lavoir du minerai de fer avait été établi par Eugène de Dorlodot-Houyoux, maître de forge à Acoz (Arch. Cle Ps).

Ce sera donc en raison de l’abondance des eaux des sources susdites que la captation des eaux se réalisera et que la communauté presloise aura une distribution d’eau potable après 1905.

De nos jours, ce n’est qu’à de très rares intervalles que le trop plein de réservoirs alimente encore le ruisseau.

Pour être plus précis, s’il y a encore un peu d’eau, elle provient des petites sources qui ravinent le long de ses berges et du drainage des terrains qui sont en pente assez prononcée.

La captation de l’eau des sources nécessita la construction de réservoirs.



Les réservoirs

Ce sont des constructions en maçonnerie réalisées pour le captage de la source des Fontaines des Larrons. Ils sont situés sous terre près de ladite source (1905).



Le château d’eau

Les réservoirs étaient destinés à ravitailler en eau potable le hameau des Binches.

Un château d’eau fut édifié en bordure de la route de Fosses (rue de l’S, act) pour desser­vir le village.

Le radier est établi à la cote 138 m, le plan d’eau à 186,4 m.

La distribution d’eau coûta pour les travaux de captage 8 730,74 F ; pour le réservoir et les conduites 48 960,40 F.

La distribution d’eau réalisée, des pompes furent installées dans les quartiers du village. Le droit de pouvoir s’approvisionner d’eau potable était soumis à une petite redevance annuelle consistant au paiement d’une clé de pompe.

L’octroi d’une clé de pompe était accordé à tous ceux qui en faisaient la demande en payant un franc. Ce coût passa à deux francs et ensuite à cinq francs entre les années 1910-1930.



Raccordement à la distribution

Les raccordements aux conduites d’eau potable furent cause de la suppression des pompes publiques. Chacun, et, notamment les fermiers, grands consommateurs d’eau pour eux et leur cheptel demandèrent le raccordement à la distribution.

De ce fait des compteurs furent installés, et, l’eau qui jadis était distribuée gratuitement sera payée au prorata des mètres cubes consommés.



De nos jours

L’augmentation de la surface bâtie, créant les quartiers résidentiels des Vieux Sarts, de Belle-vue, de la rue Al Croix etc., obligea les administrateurs communaux à pourvoir ces nouveaux lotissements de toutes les commodités demandées par les nouveaux habitants. Il en résulta une pénurie d’eau.

Cette situation amena les administrateurs à faire construire un château d’eau au l-d « la Bergère » à la côte de 197 mètres, où l’eau potable pouvait être distribuée partout dans le village.



Anecdotes

Le docteur Desmanet, de Bouffioulx, médecin très apprécié à Presles dans les années 1910-1930 et qui venait tous les jours à Presles visiter ses malades, ne manquait pas lors de sa tournée, de boire plusieurs grands verres d’eau.

« Buvez, buvez, disait-il, l’eau est bonne pour votre santé, car l’eau de Presles ne contient pas de calcaire. »

Pendant les années de la guerre de 1940-1945, les métaux non ferreux furent réquisition­nés par les Allemands. L’administration communale fut embarrassée pour réparer une fuite d’eau importante qui s’était produite « au fond des Binches » à la rue Grande.

Un administrateur trouva la solution en faisant tourner un bois de la grandeur et du diamè­tre du tuyau de la conduite défectueuse.

Ledit bois fut percé de part en part. Le préposé-fontainier raccorda ledit bois à la conduite en ayant soin de colmater le mieux possible les deux bouts, et l’affaire fut faite à la satisfaction de tous. Ce sera vingt ans plus tard, lors de la modernisation de la voirie de la rue Grande, que la conduite fut remise à neuf.



Souvenirs en guise de conclusion

L’eau est un élément naturel dont tout être humain, animal, végétal à besoin pour vivre sur notre planète.

Depuis des temps immémoriaux, le territoire de Presles a été bien arrosé par ses rivières et ses ruisseaux.

Mais, de toutes les fontaines et les puits qui donnaient une eau claire et limpide pour l’alimentation de nos ancêtres, il ne reste plus que le souvenir.

De toutes les mares, les basses, les wezs, les abreuvoirs ; retenues d’eau naturelle prove­nant des pluies, de la fonte des neiges, et, servant à la boisson des bestiaux, à l’arrosage des jardins, tous les uns après les autres ont été désaffectés, pour cause d’hygiène et de salubrité publique.

Il nous reste encore nos ruisseaux champêtres, aux innombrables méandres, où, une flore très riche et variée contribue à la biodiversité.

N.B. : depuis la rédaction de ces textes, de très gros travaux d’assainissement des eaux ont été accomplis par la mise en service de la station d’épuration de la rue des Longs Prés, la pose du collecteur du ruisseau des Waibes et de différents collecteurs d’eaux usées en diffé­rents endroits du village.

Les passages à gué ont été remplacés par des ponts, constructions heureusement pittores­ques s’associant à l’environnement.

Il arrive parfois que le charme de nos ruisseaux soit rompu par les fléaux de la Nature.

Au cours du siècle, la Biesme déborda plusieurs fois, occasionnant des dégâts aux propriétés riveraines.

Plus près de nous, nous avons encore en mémoire la grande inondation du vendredi 4 juin 1983, quand les eaux du ruisseau des Waibes et de la Biesme, débordant de leur lit, envahirent la Place communale, s’étendirent jusqu’au pied de la rue des Waibes, et inondèrent la rue de l’Église et la rue du Pont.

Au temps passé, l’extraction du minerai de fer fut importante.

Au hameau des Binches, toutes les exploitations ont été abandonnées à cause des eaux qui apparaissent vers les six ou huit mètres de profondeur et deviennent tellement abondantes entre vingt et trente mètres, que l’exhaure au moyen de tonnes à bras devenait impossible.

Le même phénomène se manifesta dans les fosses, où la terre plastique était extraite.

L’extraction par galeries étant réalisée à une profondeur variant de vingt à trente mètres.

Le chantier envahi par les eaux fut abandonné, le dernier extracteur de terre plastique fut Marcel Sandron, en son temps bourgmestre de Presles, dont le puits d’extraction se situait entre les rues Al Croix et de Villers, près du « bosquet Degrange ».



Documentation

Archives communales de Presles

Archives de l’État à Mons. Copie du renouvellement de la charte de Presles du 3 juillet 1591, déposée par nos soins.

Procès-verbal de la délimitation du territoire de Presles, fait le 4 juin 1812 par le géomètre limita­teur J.M. Gérard.

Plan dit Cadastre français 1812

Plan parcellaire dit Cadastre – Plan C Poop +/- 1860

Grandsaigne d’Hauterive, Dictionnaire d’ancien français. Éd. Larousse

Bescherelle aîné, Dictionnaire universel de la langue française. Paris, 1873

1 Édité en 19.. in ….

2 Nota. ACP. = Arch. Communales Presles.

l-d = lieu-dit.

P.P = cadastre Plan Popp

3 Voir Jean-Michel POULAIN, En flânant à travers Sart-Eustache in Messager de Châtelet du 30-10-1974.

~ 19 ~

 

Actions sur le document